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Histoire de la Maximaphilie
Tiré de l'Article de Monsieur G. de la Ferté
Echo de la Timbrologie - n° 1576 - Mai 1986
D'où vient la maximaphilie ?
C'est une question qui nous est très souvent posée: bien que partant du timbre, la collection maximaphile se compose de "Cartes" maximum. Aussi, pour bien comprendre ses origines, il est nécessaire de faire d'abord un court historique de la "carte postale illustrée" (CPI) qui est, comme chacun sait maintenant, son deuxième élément concordant.
Les débuts de la carte postale illustrée (CPI)
Quelques années avant la fin du 19° siècle, les premières cartes postales illustrées (voir Figure 1), firent leur apparition: l'illustration ornait le verso - le "côté vue" évidemment - toujours dans le coin gauche, d'abord très réduite puis prenant de plus en plus de place, ce qui en laissait bien peu pour la correspondance puisque celle-ci était bannie du recto "entièrement réservé à l'adresse" comme il y était indiqué. Pendant toutes ces années, autour de 1900, de nombreuses personnes qui se dénommaient elles-mêmes des "cartophiles" se mirent à rechercher ces CPI pour en faire un objet de collection. Et comme le but même de ces cartes était d'échanger de la correspondance, un vaste échange de CPI s'établit très vite à travers le monde entier.

 Figure 1 : Les premières cartes postales illustrées (CPI).
Apparition de la "Carte TCV"
Bien évidemment ces cartes étaient affranchies et les philatélistes de cette époque - on les appelait d'ailleurs plutôt des "timbrophiles"- qui collectionnaient surtout des timbres oblitérés, trouvèrent intéressant de mélanger les deux collections et donc de réunir des CPI portant, du côté de la vue, le timbre normal de l'affranchissement. C'est ainsi que peu à peu naquit la collection des cartes dites "TCV", timbre côté vue (voir Figure 2). Il s'agissait surtout de cartes-vues représentant des paysages ou des monuments, dont le timbre était alors oblitéré du lieu même où ils se trouvaient. Ces pièces de collection que l'on pourrait appeler alors "carto-philatéliques" présentaient déjà en germe les trois éléments constitutifs de la maximaphilie, mais il n'y avait de concordance parfaite qu'entre deux d'entre eux: le sujet de la CPI et l'oblitération postale du même lieu, le timbre-poste, lui, ne présentant aucune concordance ni avec l'une ni avec l'autre.

 Figure 2 : Les Cartes "Timbre côté vue" (TCV).
Troisième élément de concordance: le timbre-poste
Au cours de la première décennie du 20° siècle un fait nouveau intervint : soit fortuitement, soit plus tard sciemment, le timbre-poste d'affranchissement côté vue offrait plus ou moins de "concordance" avec l'illustration de la CPI utilisée. En France, les premières pièces de ce genre que nous baptiserons cette fois de "cartes TCV concordantes"(voir Figure 3), portaient des timbres au type Blanc et surtout Semeuse.

 Figure 3 : Les Cartes TCV concordantes en France : La carte-support du type Blanc est une nouveauté assez répandue à l'époque où figurait toute la série des timbres alors en cours. Quant à la Semeuse (reproduction du tableau de Roty), outre la carte couleurs, on connaît de nombreux tirages de couleurs variées sur carton gauffré.
A l'étranger (voir Figure 4), l'industrie de la CPI dont l'Allemagne inondait l'Europe, était florissante permettant ainsi la réalisation de nombreuses TCV concordantes.

Figure 4 : Les Cartes TCV concordantes en Allemagne : Sur cette figure, de nouveau une carte reproduisant les timbres en cours la "Germania", assurant la concordance et la vue de Baden-Baden justifiant l'oblitération locale. Sur l'autre carte, la concordance est moindre mais intéressante car la statue de la carte est aussi une Germania.
Il en fut de même dans les colonies Françaises (voir Figure 5), où les nombreux "timbres à image" furent très souvent utilisés sur des cartes d'éditions locales.

Figure 5 : Les Cartes TCV concordantes dans les colonies Françaises : Nous voyons apparaître sur cette figure des personnages appelés encore bien souvent "types du pays".
De la carte TCV concordante à la Carte-Maximum.
Un exemple devenu classique à force d'être cité, est celui de ce voyageur parcourant l'Egypte en 1902 ou 1904 et visitant les Pyramides et le Sphinx. Il achète sur place des CPI représentant soit les unes soit l'autre, soit encore mieux ces deux monuments et, au moment de les affranchir pour les envoyer à des amis, se voit donner à la Poste un seul et même timbre: les Pyramides et le Sphinx ! Ainsi fut créée tout à fait involontairement une des plus anciennes cartes-maximum connues - sinon la plus ancienne - qui figure en bonne place dans toute collection générale avancée (voir Figure 6).



Figure 6 : Les Cartes maximum : Les pièces exposées sur cette figure portent indifféremment "Caire" ou "Cairo", celle-ci étant la plus répandue. Quant à "Shepherds Hotel", elle ne se rencontre pas souvent.
Parmi les plus anciennes cartes-maximum d'Europe, figurent celles de Turquie, car les sujets des timbres du début du 20° siècle s'y prêtaient très bien (voir Figure 7).

Figure 7 : Les Cartes maximum : Il ne faut pas s'offusquer des deux timbres "parasites" apposés à droite de la carte-maximum de droite: cette carte ayant voyagé, c'est le complément d'affranchissement exigé.
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