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La référence des collectionneurs des timbres Algériens

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Histoire du Timbre-Poste
Tiré du livre LA POSTE - lien universel entre les hommes
édité à l'occasion du centenaire de l'Union Postale Universelle (U.P.U)
réalisé par VIE . ART . CITE
imprimé par les presses centrales de L ausanne (Suisse)
Texte d'André Savoie, président central de l'Union des sociétés philatéliques suisses

   Dès le début de l'organisation des postes, il est un problème qui ne fut jamais résolu de manière pleinement satisfaisante et cela pendant des dizaines d'années : qui devait payer le port des envois ? l'expéditeur ou le destinataire ? Comment rendre pratique l'envoi d'une lettre ?
   Les modalités de paiement différaient d'un pays à l'autre; mais la coutume voulait que ce fût au destinataire de payer le port. Cette manière de faire, on peut s'en douter, créa rapidement des difficultés aux entreprises de messageries responsables de l'acheminement des messages entre différents pays. A une époque où l'Europe était divisée en de très nombreux royaumes et principautés, le calcul de la taxe postale était un véritable casse-tête et les décomptes entre les différentes administrations nationales étaient encore compliqués par la multiplicité des monnaies. Entre les décimes, les kreuser, les soldi, et les pence, les préposés aux bureaux d'échange avaient souvent quelques problèmes de conversion.... et quelquefois aussi des névralgies. Toutefois, le plus à plaindre était le destinataire qui devait être fort embarassé pour contrôler si la taxe qu'on lui réclamait était justifiée !
   Eventualité fâcheuse, que se passait-il si le destinataire refusait - ce qui était son droit - de prendre livraison de la lettre et donc de payer le port ? La lettre avait été acheminée, mais le port restait impayé. Qui devait supporter les frais de l'acheminement inutile de la dépêche ?


Lettre datant de 1406, de Venise à Arezzo,
et portant un signe commercial vénitien destiné au transport

   Il falllut procéder autrement et faire payer le port par l'expéditeur ; ainsi l'entreprise de transport - la poste - n'allait jamais plus faire frais de la malhonnêteté - délibérée ou non - de certains destinataires. De nombreuses tentatives furent effectuées avant de trouver une solution garantissant aux organisations de transport le juste paiement de la taxe d'acheminement. A Paris, au XVIIe siècle, un certain Velayer eut l'idée de créer une "petite poste". Il offrit au public de petits papiers revêtus de la mention "un billet qui portera port payé". Ceux-là devaient être déposés dans des boîtes disposées à cet effet et relevées à intervalles plus ou moins réguliers; les billets étaient ensuite portés à leur destinataire.
   Bien d'autres innovations virent le jour et furent mises à l'épreuve, sans arriver à trouver une solution satisfaisante, nationale ou multinationale.
   En 1814, les postes du Royaume de Sardaigne reprirent l'idée de Velayer en mettant en circulation du "papier timbré" comme papier à lettres. Celui-là fut émis en trois qualités différentes, correspondant au tarif alors en vigueur : 15, 25 et 50 centimes suivant les distances à parcourir pour parvenir au destinataire. On pouvait obtenir ce papier à lettres timbré dans tous les offices postaux du royaume. Le motif imprimé à sec ou à l'encre bleue était "un porteur à cheval avec un cor postal". Ces papiers timbrés sont appelés "cavallini" par les philatélistes et sont très recherchés, car leur vie fut de courte durée. Beaucoup d'autres tentatives analogues - en Angleterre, en Suède, en Yougoslavie - ont précédé la naissance du premier timbre-poste.

   
Cavallini "Fort recherchés"
émis par les postes du Royaume de Sardaigne

   Le 10 Janvier 1839, Sir Rowland Hill inaugurait le vrai port payé par l'expéditeur sous la forme d'une quittance adhésive: le timbre-poste. L'administration des postes anglaises mit en vente le I penny noir et le 2 pence bleu à l'éffigie de la reine Victoria, à quoi s'ajoutaient deux "enveloppes" avec port payé, représentant des figures des différents races du globe terrestre qui désormais allaient pouvoir recevoir du courrier.


Sir Rowland Hill

   
Le "One penny" à l'éffigie de la reine Victoria,
premier timbre du monde,
mis en vente en Grande-Bretagne le Premier Mai 1840.

   Les postes anglaises ne doutaient pas du succès. Et pourtant, les usagers eurent la peine à prendre l'habitude d'acheter des enveloppes ou des timbres pour affranchir leurs envois postaux. Il était tellement plus facile de faire payer le port au destinataire. Il fallut quelques mois à la population anglaise pour s'habituer à l'innovation ingénieuse de Sir Rowland Hill : 72 millions de penny noir furent émis de mai 1840 à janvier 1841. Ce fut un succès


Les premières enveloppes affranchies imprimées,
connues sous le nom de "Mulready": original et caricature

   Le timbre poste fut adopté de manière inégale ailleurs qu'en Grandre-Bretagne. C'est dans le Nouveau-Monde, plutôt qu'en Europe, que les deuxièmes timbres-poste firent leur apparition : c'étaient des timbres émis par une compagnie de messagerie privée, la "New York City Despatch Post". Puis suivent jusqu'en 1850 le Brésil (1842), les cantons suisses de Zurich, Genève et Bâle, la France, La Bavière, la Belgique, l'île de Trinité, l'île Maurice, la Nouvelle-Galle du Sud, les Bermudes, la Finlande, la Russie, la Hongrie, Batavia.
   Chaque administration postale nationale ayant ses régles, ses tarifs, on conçoit que tout pouvait se passer fort bien à l'intérieur des frontières nationales. Mais le problème ne serait pas résolu pour le trafic international tant qu'une entente aussi large que possible n'interviendrait pas entre les différentes administrations postales. Les nécessités pratiques - la fréquence des échanges internationaux et un essor industriel sans précédent - exigeaient une solution à l'échelle internationale : ce fut la tâche du premier congrès de l'Union Postale Universelle (U.P.U) à Berne, en 1874. Depuis cette date, cette organisation travaille avec succès à rationaliser, à faciliter les échanges internationaux, à préserver et à intensifier la collaboration entre les pays-membres et cela pour le bénéfice de tous les hommes.


Lettre de 1844 sur laquelle on été écrites
les taxes des différentes régies postales

   Le timbre-poste est une quittance pour un service rendu. Et si l'on compare le prix d'affranchissement d'une lettre ordinaire de 20 g (régime international) en 1840 et à l'heure actuelle, on s'aperçoit qu'en réalité les tarifs postaux n'ont pas cessé de diminuer, compte tenu évidemment des moyens mis en action pour augmenter la vitesse d'acheminement et de distribution du courrier postal. C'est grâce à l'augmentation du trafic que les méthodes de tri et de manutention ont été améliorées. Autrefois, l'usage de la lettre était le fait des hommes de loi, des commerçants, d'une frange mince de la population ; aujourd'hui tout le monde écrit ou peut écrire une lettre. Le prix du port n'est plus un obstacle à l'envoi d'un message, même si ce message est acheminé par train, bateau, voiture automobile, avion, traîneau dans le Grand-Nord ou par chameau dans le désert. Pour les quelques centimes indiqués sur le timbre-poste, il arrivera, si nécessaire, aux antipodes. Une telle modicité paraît inexplicable et c'est cela le miracle permanent et maintenant centenaire de l'U.P.U.
   La présence des timbres sur les enveloppes, cartes postales, mandats, étiquettes a fait naître une passion nouvelle, la philatélie : les amateurs ont d'abord collectionné les timbres de manière générale, puis selon des critères de sélectivité de plus en plus nombreux. Ils ne se bornent plus aujourd'hui à rechercher et à conserver les seuls timbres, mais toutes sortes de documents qui ajoutent un agrément à leur collection et qui lui donnent un reflet plus complet de l'histoire des postes.
   Certains objets permettent de reconstituer le voyage effectué par l'envoi grâce aux cachets et aux marques postales apposés durant le parcours. L'histoire d'un timbre, celle d'une enveloppe rejoignent souvent l'histoire, en témoignant de tel événement, en précisant même parfois un détail oublié dont les historiens sont si friands pour rétablir la vie ou les événements du passé.
   Le plus souvent, le timbre-poste est considéré pour son prix de collection. Celui-ci peut monter très haut. La valeur s'établit en tenant compte de différents facteurs : tout d'abord le chiffre de tirage des émissions et la durée de validité de l'émission. Un petit tirage, une validité limitée élèvent la valeur d'un timbre : c'est le cas des timbres anciens et de certaines émissions spéciales contemporaines. Le temps qui passe - les guerres, les incendies, etc... - fait disparaître des timbres et augmente souvent la valeur de ceux qui sont conservés.
   Mais la valeur d'un timbre est encore fonction de son excellent état de conservation : fraicheur, grandeur des marges autour des timbres non dentelés, état des dents pour les autres, qualité des oblitérations, centrage de l'impression, à quoi s'ajoutent des cachets spéciaux et autres détails qui font la joie des collectionneurs. Chacun comprendra dès lors pourquoi les timbres anciens valent aujourd'hui des petites fortunes.
   Enfin, il existe des exemplaires dits "de luxe", dont la valeur varie suivant l'offre et la demande, en dehors des cotes fixées par les ouvrages de référence connus des collectionneurs. En 1892, les Etats-Unis émettent la première série commémorative : il s'agit du 400e anniversaire de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb.
   Peu à peu le timbre est devenu une sorte de carte de visite, un véhicule d'information : il fait connaître l'histoire, la géographie, les coutumes, les événements du passé et du présent. Les Jeux olympiques, l'histoire de l'aéronautique et l'aventure spatiale, les hommes célèbres d'hier et d'aujourd'hui sont inscrits sur les timbres. Certes, dans cette mosaïque immense, tout ne doit pas être pris avec le même sérieux.
   Ainsi le timbre-poste est le plus petit papier-valeur du monde pour trois raisons au moins : pour sa valeur d'affranchissement, pour sa valeur de témoin historique, pour sa valeur de collection. Il diffère cependant des autres papiers-valeurs sur un point : il doit être en bon état.
   Au début de son histoire, le timbre-poste s'inspire des pièces de monnaie ou des billets de banque : les premières émissions portent la plupart du temps un simple chiffre, le portrait du souverain régnant ou encore un motif symbolique typique.


Quelques-uns des premiers timbres-poste sur lesquels apparaissent des dessins héraldiques, des portraits de souverains, des valeurs d'affranchissement...


ou des motifs mythologiques et symboliques

   Avec les progrès des arts graphiques, les timbres évoluent ; dès la fin du XIXe siècle apparaissent des paysages, des monuments, des animaux, des fleurs, puis plus tard des reproductions de peintures célèbres. C'est pourquoi regarder les timbres, les comparer, les apprécier aiguise l'esprit critique et satisfait la curiosité.
   L'évolution du monde contemporain a fait apparaître de nouveaux timbres : d'une part ceux des organisations internationales et ceux émis par des administrations nationales sur des thèmes d'intérêt général.
   Les Nations Unies émettent leurs premiers timbres à New York, en octobre 1951 et à Genève, en octobre 1969. Les timbres de l'O.N.U illustrent le rôle joué par cette organisation et ses diverses institutions dans le maintien de la paix mondiale et dans les différents programmes d'assistance aux pays en voie de développement, d'amélioration des conditions de travail, de lutte contre la famine, l'analphabétisme, pour un meilleur développement de l'éducation, de la science, de la culture, pour le progrès et la justice sociale, pour la promotion et la protection des droits de l'homme.
   Le timbre propage ainsi les idéaux les plus nobles et contribue, par sa modeste présence, à faire prendre conscience au plus grand nombre possible des tâches que les hommes doivent accomplir, jour après jour, pour réaliser un monde fraternel.
   Mais l'évolution du monde contemporain sécrète des dangers, des besoins nouveaux ; différents pays se mettent d'accord sur cetains thémes qui leur tiennent à coeur. Ici, ce sera la promotion d'une idée politique comme la construction de l'Europe, ailleurs la mise en évidence d'une meilleure coordination dans les transports, ou encore la lutte contre la pollution, contre la drogue ; des idées nouvelles sont ainsi propagées comme la nécessité d'une meilleure qualité de la vie par la protection de l'environnement, la préservation de l'originalité nationale, la protection de la faune et de la flore ; chaque pays, chaque entente régionale cherche ainsi à promouvoir de nouvelles idées, à susciter de nouveaux efforts.
   Enfin, de nombreux pays émettent des timbres avec une surtaxe qui est affectée à des buts humanitaires : Oeuvres du Croissant Rouge, Oeuvres de la Croix Rouge, protection de l'enfance, soutien de la vieillesse ou autres oeuvres d'utilité publique. Et une fois encore, le timbre est le plus petit papier-valeur du monde, car on ne peut vraiment pas propager des idées généreuses, des appels à l'effort commun, sur une surface plus petite.
   Nul autre morceau de papier n'est plus susceptible de réunir les peuples, d'apporter un message d'amitié. Et le porteur de ce message est un personnage dont chacun guette l'arrivée sous toutes les latitudes : le facteur.

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