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Le Baron De Vinck De Winnezeele
Echo de la Timbrologie du 28 février 1943
Il faut avoir travaillé avec M. de Vinck pour comprendre l'étendue de la perte que vient de faire la Philatélie. Il avait une puissance de déduction qui éclairait vite les problèmes les plus ardus ; une méthode rigoureuse dont il respectait les règles les plus sévères ; joint à cela un désintéressement complet, une bonne humeur constante, une modestie inébranlable.
A la maison Yvert & Tellier il a rendu des services inoubliables : c'est lui qui a remis sur pied le Catalogue France et Colonies et qui, sans ménager ni son temps ni ses peines, en a fait une oeuvre scientifique à laquelle il a apporté d'incessantes améliorations. C'est lui qui, par sa collaboration, souvent discrète, toujours intéressante, a donné tant d'éclat à l'Echo de ces dernières années.
On comprendra l'émotion qui nous étreint en annonçant aujourd'hui sa mort à nos lecteurs; elle est d'autant plus vive qu'étaient plus serrés les liens de sympathie qui le joignait à notre famille et plus ardente notre affection pour lui.
Le Baron de Vinck de Winnezeele était issu d'une des plus nobles familles anversoises ; il avait choisi la carrière militaire et c'est comme officier d'artillerie qu'il était entré dans la vie. Il fit, comme colonel, toute la campagne de 1914 - 1918 et sa brillante conduite allait lui valoir les étoiles si une indisposition consécutive à une attaque par les gaz n'avait altéré sa santé au point de l'obliger à quitter l'armée avec le grade de colonel honoraire.
Il avait subi cette épreuve avec la douce philosophie qui ne le quittait jamais et s'était jeté avec ardeur dans la distraction philatélique. Il n'y était pas néophyte puisque déjà en 1925, il obtenait à Paris une médaille d'or pour sa collection de Colonies Françaises, avec les félicitations du jury. Obligé par la Faculté de Médecine à vivre dans un pays chaud, il s'était établi à Nice et c'est là qu'il poursuivit le cours de ses études. Celles-ci l'orientèrent bien vite vers les coins datés et on peut dire vraiment qu'il fut l'initiateur d'une collection qui compte maintenant tant d'adeptes.
A l'automne de 1941, M. de Vinck décida de chercher à Tunis un climat plus tempéré encore que celui de Nice ; c'est là qu'il a trouvé la mort le 12 décembre dernier, à l'âge de 65 ans ; il était depuis longtemps malade et souvent atteint de longues et cruelles souffrances.
Il les supportait avec le plus grand courage et sans que sa gaîté parût jamais s'altérer, sans que ses travaux philatéliques en fussent jamais interrompus.
C'est une grande figure de la Philatélie qui vient de disparaître ; puisse l'unanimité des regrets dont l'Echo se fait l'interprète, adoucir la douleur de la Baronne de Vinck, à laquelle nous adressons nos condoléances affectueuses et sincères.
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